Sur les paves de Paris

Partir un jour (non pas cette chanson-la)

Tous les jours, E. stagiaire de l’open space me fait un éloge du voyage et de l’audace :

« Tu comprends, Paris m’ennuie, j’ai envie de rien faire ici, c’est une ville morte. J’ai pas envie de devenir un gentil cadre à La Défense, prendre un crédit pour un appart’ à Rueil et prendre le RER A tous les jours. Ce dont j’ai envie, c’est de retourner en Chine, à Shanghai, ou à Tokyo, ou à New York. Ces villes ont une énergie communicative, il y a plein de gens, je dors 4 h par nuit, je m’en fous, je suis jamais fatigué. J’adore voyager, en France, on manque d’audace, personne ne veut prendre des risques. Là-bas, à Pékin, à Shanghai, j’ai connu des gens qui ne parlaient pas chinois et qui ont appris sur le tas, ont fondé une boîte, et ont réussi ! »

Tous les jours, ou presque, j’y ai droit. Sur Tokyo, Singapour, New York, Londres… Les autres stagiaires de l’open space ont des envies d’ailleurs, mais pas d’ici. Venant tous d’une école de commerce (comme moi), ils n’ont qu’une envie : partir. Partir, quitte à y rester.

Tous les jours, je me pose cette question : est-ce que moi aussi j’ai envie de partir ? Oui, j’ai envie de partir, mais je suis certaine que j’aurai envie de revenir.

La seule contrée lointaine que je connaisse, c’est l’Australie, pays des kangourous, des surfeurs, des vagues, et des étés indiens. J’ai adoré. Les après-midi à la plage, les cours au lycée, les profs si différents d’ici, les cours de Culture Gé, cuisiner à 8 dans l’immense cuisine familiale, aller manger des fish and chips dans du papier journal… Evidemment, j’ai envie d’y retourner, mais je ne pense pas avoir envie d’y rester. Partir pour deux ans, ou trois, pour un V.I.E., c’est ce que je veux faire après mon apprentissage, mais partir pour de bon, peut-être pas.

J’ai l’impression que partir est devenu un passage obligatoire, un besoin vital, voire, une obligation sociale. En gros, rester en France, c’est être un vieux franchouillard obtus et pas fun du tout. 

Je ne suis pas d’accord. Pourquoi partir sans se poser de questions si l’on se sent bien où l’on est ? J’ai peut-être plus envie de partir en « voyage » que de partir tout court. A vrai dire, l’expérience de certaines personnes, comme celle de Pauline m’ont fait réfléchir.

Et vous, vous avez un besoin vital d’ailleurs ?

 PS : la première photo, c’est Perth, la deuxième, je sais plus, c’est pas une ville très connue, et surtout pas très présente sur ce site… 


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